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Littérature

2009/2 (n° 154)

  • Pages : 119
  • Affiliation : Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

  • ISBN : 9782200925826
  • DOI : 10.3917/litt.154.0036
  • Éditeur : Armand Colin

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Il est des pensées qui inventent leur territoire en créant des relations. Celle d’Édouard Glissant chemine ainsi, elle déjoue les affiliations savantes, elle mobilise les cultures et les théories en dessinant des archipels inédits. Voudrait-on la saisir par quelques mots emblématiques (créolisation, mondialité…) ou par des genres (poésie, philosophie, roman…), elle déroge sans cesse aux assignations, elle dévire. Pour cette raison l’expression de postcolonial, devenue un champ d’étude et de savoir, ne saurait s’appliquer à l’œuvre ni à la réflexion d’Édouard Glissant. Cependant les concepts, les lieux et les temporalités impliqués dans le domaine « postcolonial » reprennent nombre de figures glissantiennes, explicitement ou non.

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Selon une approche historico-politique, il serait aisé de montrer comment la situation caraïbe a été, et demeure, l’espace d’un complexe colonial. Édouard Glissant a vécu, dans le compagnonnage de Frantz Fanon puis d’Aimé Césaire, les luttes anti-colonialistes. Il partage aussi le brassage des identités entre la mémoire traumatique de l’esclavage et l’héritage de la culture française, autant de sources qui démultiplient les appartenances et déjouent la stricte dialectique entre dominants et dominés.

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Le postcolonial, précisément, ne se résume pas à une temporalité politique. Certes, son préfixe participe de l’inflation des courants intellectuels de l’après (les post- ont remplacé les -ismes de la modernité), mais il ne fait pas suite au colonial, il charrie les contradictions de cultures métissées et souligne la dynamique des subjectivations imprévisibles. En ce sens, pour la Caraïbe, le postcolonial est déjà présent dans le colonial. Cette complexité de la relation interne et externe, continentale et périphérique, a nourri une pensée de l’hybridation. Là réside l’apport d’Édouard Glissant à la réflexion postcoloniale dont les essais, depuis Le Soleil de la conscience (Poétique I) paru en 1956 jusqu’à Philosophie de la relation (2009) n’ont cessé de reformuler une poétique de l’identité-nomade.

Malentendus transatlantiques

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La réception de la pensée glissantienne dans le champ postcolonial ne va toutefois pas sans malentendus, issus des aller et retour transatlantiques. La France découvre en effet depuis quelques années la richesse des études postcoloniales aux États-Unis et, comme avec les queer studies, elle importe ainsi des réflexions largement inspirées par des penseurs français tels que Derrida ou Foucault (désignés sous le label de French theory). De fait les études postcoloniales anglo-saxonnes empruntent à une pensée française « continentale », voire métropolitaine, plus qu’aux penseurs venant de la périphérie issus de l’histoire coloniale française.

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Le référent historique de la colonisation diffère selon le lieu d’énonciation des études postcoloniales : les théoriciens du « postcolonial » sont marqués par l’histoire de l’empire britannique (Gayatri Spivak, Homi Bhabha, Robert Young, Paul Gilroy…). Les penseurs français qui pourraient relever du « postcolonial » sont liés à l’Afrique francophone, que ce soit le Maghreb, l’Afrique subsaharienne ou la Caraïbe. Aux États-Unis, ceux-là n’ont pas été autant lus que les Français « continentaux », bien qu’ils aient, tel Glissant, formulé deux décennies auparavant, nombre des concepts repris par les théoriciens du postcolonial (celui d’hybridation notamment). Presque inaudibles dans l’université française à ce momentlà, ils ont pourtant été accueillis aux États-Unis mais cantonnés dans les départements de « francophonie ». Cette réflexion antérieure au postcolonial s’est heurtée à une idéologie identitariste alors dominante parmi les penseurs Africains-Américains. L’identitarisme noir, lié à la lutte pour les droits civiques, a fixé l’Afrique en lieu originel et référent symbolique des identités noires étasuniennes. Par conséquent la pensée du métissage a pu passer pour un déni de ces racines ancestrales.

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À travers la figure d’Obama, Glissant peut aujourd’hui pointer cette impasse identitaire et montrer son dépassement par la créolisation des mémoires. Dans L’Intraitable beauté du monde, il s’adresse ainsi, avec Patrick Chamoiseau, au nouveau président étasunien : « Les Africains-Américains ne vous ont pas d’abord reconnu. Ils ne pouvaient pas prendre la mesure de cette complexité. Fils du gouffre, ils avaient gardé du limon des abysses atlantiques et de la glaise des Plantations la douleur initiale. (…) Ils ont levé l’Afrique en paradigme fantasmatique, l’immobilisant en eux, s’immobilisant symboliquement en elle. » [1][1] Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant, L’Intraitable... La lointaine clairvoyance de Glissant a été de ne pas réduire l’élection d’Obama à celle d’un métis, terme peu compréhensible aux États-Unis, mais d’y avoir saisi un au-delà du multiculturalisme et une confirmation de ses analyses, depuis plusieurs décennies, de la relation en Tout-Monde et d’une autre dynamique des identités.

Une esthétique

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La réflexion poétique de Glissant, aussi bien dans ses poèmes que dans ses romans et ses essais, a toujours montré que cette mondialité en processus de créolisation se jouait au sein des imaginaires. C’est pourquoi l’esthétique, au lieu d’apparaître comme une pensée des formes qui viendrait après l’ontologie et l’éthique, conjugue aussi bien le sens de la création que celui de la communauté politique. Inaugurant une séquence théorique, Édouard Glissant a écrit Une Nouvelle région du monde (Esthétique, I) en 2006 et propose ainsi un tournant à la fois philosophique et poétique. Car il ne se contente pas de fonder conceptuellement le changement ni de désigner une ère du « post-x », mais il assume dans la langue et ses modes de discours la créolisation des savoirs et des imaginaires.

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Glissant prend à revers le rapport de la philosophie à l’esthétique récemment désinvesti. Le parachèvement d’un parcours philosophique par une réflexion sur l’art a perdu de son intérêt chez les philosophes continentaux. En témoignent quelques titres : Petit manuel d’inesthétique (1998) d’Alain Badiou, Adieu à l’esthétique (2000) de Jean-Marie Schæffer, ou Malaise dans l’esthétique (2004) de Jacques Rancière. L’esthétique de Glissant se place pourtant sur un terrain philosophique et reprend la question du beau, délaissée par la critique artistique depuis que les avant-gardes ont dénoncé le beau idéal des philosophes ou le beau factice des académies. À la différence de ce beau indexé sur le vrai (le beau platonicien) ou de cette beauté formelle (l’esthétique des formes), Glissant cherche la beauté du côté de la vie et de ses transformations : elle est « la force des différences qui prédisent leur relation à d’autres différences » [2][2] Édouard Glissant, Une Nouvelle Région du monde, Paris,.... La beauté n’obéit à aucun modèle car elle déroge à la reproduction du même ; elle manifeste une tension et une tractation entre la source expressive et sa dérivation vers d’autres forces qui l’attirent.

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Toutefois l’esthétique de Glissant ne s’inscrit pas (ou du moins pas seulement) sur le terrain conceptuel : elle est beaucoup plus une esthétique artiste, celle des découvreurs de beauté. Non pas une esthétique d’artiste : il ne s’agit pas d’un manifeste poétique ou stylistique du poète et du romancier Édouard Glissant. Cette esthétique désigne plutôt un regard, une fenêtre, un voyage, un souffle, autant celui de l’écriture que celui du monde, de ses vents, de ses marées, des ses éruptions. Elle retrouve l’esthétique des grands déchiffreurs d’énigmes qui découvrirent l’écriture du monde : moins son chiffre transcendant et divin que ses signes mouvants, ses syntaxes instables, ses langues créolisées, cette écriture d’un monde en immanence et en mouvement.

Les lieux du tout-monde

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Une esthétique du poète suppose une acuité du regard sur le monde et son change : en ce sens Glissant se trouve ici moins proche de Deleuze ou de Guattari dont il a partagé les figures et les concepts que des poètes visionnaires, voyants et voyeurs de modernité. Lucrèce, Montaigne, Baudelaire, Rimbaud sont les compagnons de cette « esthétique ». L’attention aux villes, aux constructions monstrueuses, aux énergies démesurées, revient vers Montaigne décrivant la beauté de Paris jusque dans sa laideur et « ses verrues », elle rappelle Baudelaire observant ses foules, sa misère et ses toits, y déchiffrant la vie moderne. Elle prolonge les échos de Rimbaud et des Illuminations sur les villes et les peuples, « pour qui se sont montés ces Alleghanys et ces Libans de rêve ! ». Il revient aux poètes d’interroger les lieux, d’y demeurer sans passer trop tôt à l’abstraction du site et de l’espace. « Nos lieux ne sont peut-être pas seulement les sites que nous fréquentons et nommons, [écrit Glissant] ou qu’à la lettre nous créons, mais aussi les traces dont nous déblayons les herbes, et les idées obscures que nous démêlons sans les frapper de transparences, et les lieux-communs, où nous avons rencontré des formulations venues d’au loin ou des images apparues dans d’autres langues. » [3][3] Ibid., p. 120.

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Les expressions galvaudées de « lieu de mémoire » ou de « lieu commun » trouvent un ressort imaginaire par une telle reformulation des lieux entrelacés, dans l’espace et dans le temps. Ces lieux deviennent paysage car ils sont traversés de sources multiples dont le découvreur accompagne les passages. Toute une pensée du seuil, de la frontière, de l’entrelacs se trouve impliquée dans cette esthétique qui approche le monde par ses trames, ses traces et ses tourbillons, sources motrices de la pensée et de la poésie d’Édouard Glissant. Les arrondis et les tranchants, les élancements et les détournements disent les métamorphoses de la mondialité. En cela cette esthétique relève aussi d’une politique de l’étendue : elle revendique un ici contre l’aplanissement planétaire des espaces. Elle est un manifeste pour une autre partition au sens musical des rythmes, chaos et ritournelles, pour une autre géographie des voix, des souffles et des vents.

La parole du déchiffrement

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Le déchiffrement du Tout-Monde suppose un texte qui se tisse à mesure des rencontres imprévisibles. Et le déchiffreur trouve dans l’agencement des lieux la syntaxe d’une mondialité instable. Une ville, un rocher, un volcan présentent des points, exclamation, interrogation ou suspension. Ils fixent les souffles et les suffocations du chaos-monde, ils définissent les repères — les amers, dans la langue de Saint-John-Perse — à la fois points de fixation et points d’exil. Ce déchiffrement des signes permet à l’écrivain de retrouver une inspiration poétique délivrée des discours sur la poésie. Car la découverte du chiffre modifie la langue même de sa représentation et pose de nouveau la question du langage poétique et philosophique. Quelle parole peut dire, accompagner ce qui change, ce qui se manifeste dans l’opacité du multiple ? Depuis Les Indes Glissant interroge la ressource du verbe poétique et ne se résigne pas au constat de la déréliction. À l’écart de la filiation Hölderlin lu par Heidegger, il cherche l’éclaircie sans le ressassement mélancolique sur l’oubli de l’Être. « Nous croyons que ces errances annonciatrices, ces obscurités qui présageaient, si elles se présentent aujourd’hui encore sous des parages trop apocalyptiques, n’en conviendraient pas moins à une énergie renouvelée de la matière du monde ou à une manière de régénération, comme le paraissent toutes les paroles inaugurales, souvenirs d’une création vertigineuse et dont les espèces sont difficiles à deviner. » [4][4] Ibid., p. 22.

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Le choc des rencontres provoquées par cette mondialité peut être approché par un verbe et un imaginaire plus proches du surréalisme, même si cette proximité n’est pas de style. Les lignes et traces magnétiques d’aujourd’hui rappellent les champs de Breton et Soupault. Les traversées du Tout-Monde retrouvent les voyageurs tels que Perse ou Michaux plus que les poètes déplorant le déclin de leur site. La parole d’Édouard Glissant suit la trace de la fusion magnétique, de l’énergie du monde, tout en inventant un rythme « baroque ». Ce dernier terme se réfère moins à la Contre Réforme européenne qu’il ne se porte vers la profusion latino-américaine et consonne avec ses passeurs surréalistes. Car le baroque trouve sa puissance dans la métamorphose et la lutte contre les formes qui la figent. Aussi la langue du Tout-Monde se gardet-elle de définir l’indéfinissable, de limiter l’illimité, elle accepte de ne pas nommer, de ne pas identifier. Au lieu de prétendre saisir la raison du change, elle accompagne, s’égare dans l’entrelacs des voix et des pensées tremblantes. Cette langue ouverte aux chaos contemporains prend le risque du vertige et accepte l’opacité du monde, tout en gageant qu’un chiffre s’y produit. Elle tourne autour des choses du monde, humaines et inhumaines, elle se meut dans le ressac, alternant l’approche et l’éloignement, l’éclaircie et l’obscurité.

À la criée

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Le tremblement du présent n’empêche pas la promesse d’un avenir, et cette parole qui accompagne les métamorphoses du temps annonce « une nouvelle région du monde ». Le mot de région ne désigne pas seulement un pays ou un monde, il indique une direction, selon son étymologie (regio). Moins rectitude que tourbillons et spirales, ce chemin fait tourner la prose. L’annonce s’exerce selon deux régimes : elle est le privilège de quelques poètes qui ont su déceler ce qui change et bouleverse le cours du monde ; elle est aussi l’affirmation d’un autre rythme, d’un possible, d’une utopie dessinée déjà dans La Cohée du Lamentin. Voyeur et voyant, disaient Baudelaire ou Rimbaud, déchiffreur et visionnaire, interprète et annonciateur. La nouvelle région du monde vaut comme une déclaration, à la fois informative car elle éclaire, et performative car en affirmant elle active l’arrivée. « Poètes, philosophes, griots et crieurs de rue » sont les déclarants qui contreviennent ainsi aux langues de l’identique, de l’identitaire, des monodies et des antithèses fermées.

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La poétrie de Glissant déclare « modifier l’enraciné des choses », elle annonce la conjonction des durées et des rythmes inouïs. Elle pourrait prendre l’allure d’une Bonne Nouvelle en prédisant l’advenue du Tout-Monde. Cependant Glissant est toujours resté méfiant à l’égard des grands discours de libération, de la palingénésie annonçant l’apocalypse et le renouveau : « Les théories ou les idéologies de la libération, grossies depuis le xviiie siècle occidental, héritage de la bien connue complicité entre l’idée de l’Être et les idées des sciences, et qui d’ailleurs se sont envieillies d’elles-mêmes, pour n’avoir jamais su pressentir les inextricables du Tout-Monde, s’effacent ainsi devant les fausses prophéties du trop réel danger planétaire, qui est de l’ordre de l’ordalie et se délitent dans le bruit des rappels à la compassion, qui oblitèrent les volontés et déguisent souvent de nouvelles formes subreptices de soumission. » [5][5] Ibid., p. 79. La parole poétique en jeu dans l’esthétique d’Édouard Glissant ne ressort pas du psaume ni de l’hymne mais d’un souffle traversé de cris : sa scansion alterne le cri comme expression inarticulée, et le cri comme annonce, effusion, événement que le poète dit à la criée.

Le nous archipélique

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Par cette annonce aux cris des temps passés et à venir, l’esthétique prend une nouvelle extension, non seulement poétique et philosophique mais aussi politique. L’esthétique de Glissant n’est pas réductible à un discours métacritique en surplomb du réel mondialisé, elle est en ellemême une réalisation de ce qu’elle exprime (et elle rejoint en cela les manifestes des artistes avant-gardistes du début du xxe siècle). Elle propose une voltige, tant le vol de papillon que le vertige : volant ça et là, découvrant et produisant le tourbillon des changes. Elle complique la relation pour l’éclaircir ensuite. Style de vie, existence, cette esthétique ne se limite pas aux œuvres ni aux techniques artistiques qui ne sont que des « poudrées ». Elle englobe toutes créations, artistiques ou non, dans les paysages du monde, nuages, flots et vents. Elle les mobilise dans le flux des mémoires communes et dispersées.

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Engagée ? Cette esthétique est assurément impliquée, intriquée dans la possibilité d’un monde commun. Elle interroge le « nous » d’une communauté jamais fixée : « ce nous s’élève là total, mais obscurci. Rassemblera-t-il autant de forgeurs que de forceurs de mémoire, qui se sont hier tant opposés ou combattus, et aussi bien ceux qui croient le monde être un passage pour tous que ceux qui le repoussent au fond de leurs terreurs d’antan et ceux qui ont profité autant que ceux qui ont taris ? Cette région elle-même, nous devinons bientôt, pour difficile qu’il puisse paraître d’en formuler la partition, qu’elle est de temps aussi bien que d’espaces mélangés, lieu-commun qui cache une autre béance » [6][6] Ibid., p. 24.. L’alternative désormais finie opposait « l’entre-nous » enraciné dans une mémoire identitaire et le « nous tous » de l’universel oublieux et négateur des mémoires et des différences. La philosophie de Glissant périme la vieille antithèse de l’enracinement et du cosmopolitisme. Le nous dynamique, traversé de multiples passages, de mémoires fluides, convoque les paroles quels que soient les temps et les espaces d’où elles proviennent. Le paradigme de l’archipel offre la possibilité d’un autre nous : chaque « un » est une île et le commun met en relation ces singularités sans les fonder en continent ni en « comme un ». Le nous possible demeure fluctuant, négociable, objet de tractation et d’attraction, il s’inscrit dans la créolisation du monde en cours.

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L’esthétique d’Édouard Glissant, prose, poésie, politique, nous donne à penser, à imaginer, à espérer. Elle se porte au-delà d’une thèse sur le monde existant. D’autres discours la croisent sur leur chemin : écologie politique, altermondialisme, postcolonialisme… Elle assume, dans sa parole même, la créolisation des savoirs et des imaginaires. Depuis une cinquantaine d’années Glissant le déchiffreur s’est porté sur les différents lieux de la métamorphose. Et loin de figer le Tout-Monde en systèmes, il ne cesse de s’étonner de ses transformations, sans morale et découvrant la puissance chaotique des rencontres, du change imprévisible. Cet étonnement rappelle une vertu première de la philosophie et l’émerveillement de l’enfant. Il suggère une disponibilité, une curiosité, il nous rappelle la joie de comprendre, le gai savoir et l’inquiétude de penser.

Notes

[1]

Patrick Chamoiseau et Édouard Glissant, L’Intraitable beauté du monde, Paris, Galaade, 2009, p. 22.

[2]

Édouard Glissant, Une Nouvelle Région du monde, Paris, Gallimard, 2006, p. 45.

[3]

Ibid., p. 120.

[4]

Ibid., p. 22.

[5]

Ibid., p. 79.

[6]

Ibid., p. 24.

Résumé

Français

Les essais de Glissant contribuent à la réflexion post-coloniale son insistance sur la notion d’hybridité, avec la dimension spécifique d’une identité-nomade, et le retour à la pensée de l’esthétique, une esthétique de la vitalité et du changement.

English

Glissant the DeciphererGlissant’s contribution to postcolonial reflection in his essays is in his insistence on hybridity, with the specific dimensions of an accent on a nomadic identity — unfixed, travelling, adaptable — and a return to aesthetics, an aesthetics of vitality and change.

Plan de l'article

  1. Malentendus transatlantiques
  2. Une esthétique
  3. Les lieux du tout-monde
  4. La parole du déchiffrement
  5. À la criée
  6. Le nous archipélique

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