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Lam métis, (Ouvrage collectif)

[compte-rendu]

Fait partie d'un numéro thématique : Arts d'Amérique latine : marges et traverses

Sanchez Emilie. Lam métis, (Ouvrage collectif). In: Caravelle, n°80, 2003. Arts d'Amérique latine : marges et traverses. pp. 310-314.

www.persee.fr/doc/carav_1147-6753_2003_num_80_1_1435_t1_0310_0000_1

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310 C.M.H.LB. Caravelle

Lam métis.- (Ouvrage collectif).- Paris, Ed. Dapper, septembre 2001.- 261 p.

« Que serait le métissage, dans l'art de peindre ? » Cette question d'Edouard Glissant synthétise bien les interrogations qui conduisent la réflexion générale de l'ouvrage Lam métis paru en septembre 2001 aux Editions du Musée Dapper. Ce livre volumineux réunit les textes de cinq auteurs, proposés comme autant de pistes de lecture de l'oeuvre du peintre cubain Wifredo Lam (1902-1982). Les reproductions des dessins, eaux-fortes et tableaux du célèbre auteur de La Jungle (1943), ainsi que les photographies de nombreux masques et sculptures d'Afrique et d'Océanie qu'il collectionnait, alternent avec les textes de l'écrivain antillais E. Glissant, des historiens de l'art J. Dubanton, J. P. Herzberg et J.- L. Paudrat, et de l'anthropologue E. Dianteill. L'ouvrage, coordonné par Ch. Falgayrettes-Leveau, attire l'attention par son contenu étoffé, mais aussi par le soin évident apporté à son organisation, et surtout par l'approche qu'il fait de la peinture et de la personnalité de Lam, et qui se maintient avec cohérence au fil des pages : les traces et les manifestations du métissage, dans leur complexité fascinante, sont recherchées et analysées dans la vie du peintre et dans son travail artistique, et constituent le fil directeur qui traverse les différents articles et conduit le lecteur vers une meilleure compréhension de l'œuvre de Lam. Ce dernier est envisagé comme l'artiste fondateur du métissage en peinture : il est celui qui a réussi à incarner, en lui rendant hommage, le génie des populations noires transplantées de l'Afrique aux Caraïbes qui ont su, et à Cuba peut-être plus qu'ailleurs, réinventer sur des terres nouvelles les formes africaines préservées dans l'imaginaire ou conservées dans leurs pratiques culturelles ou cultuelles.

Lam métis est un livre-hommage qui propose au lecteur de « renommer » Wifredo et de le comprendre, puis de l'aimer, avant tout comme le « Métis », le créateur dont la peinture s'explique d'abord par le métissage et produit du métissage. Ce regard sur la personnalité et le travail de W. L., annoncé clairement par le titre de l'ouvrage, implique une justification, et chacun des textes qui composent Lam métis va ainsi chercher à démontrer, non seulement que la peinture de Lam est fondatrice, mais aussi que le métissage est bel et bien un processus enrichissant apte à métamorphoser l'expérience personnelle en langage international. Ainsi, lorsque Glissant pose la question du métissage en peinture, il formule l'interrogation qui doit conduire toute analyse pertinente de l'œuvre de l'artiste cubain, que l'écrivain antillais, dans son article « Iguanes, Busards, Totems fous : l'art primordial de W. Lam », célèbre comme « un énorme producteur de créolisation. » (p. 22) On ressent, dans les phrases sensibles de son « ode » reconnaissante à Lam, le plaisir qu'il trouve à se sentir antillais aux côtés du peintre cubain et à traduire l'énergie que celui-ci a employée à dévoiler les secrets de l'âme caribéenne. Le poète martiniquais semble reproduire dans son article, et dans une profusion d'images poétiques, sa jubilation devant les toiles de Lam, qui le remplissent, l'éblouissent et probablement aussi le rassurent, car l'auteur du Discours antillais souvent exprime un désarroi et une inquiétude devant la marginalisation et l'étouffement des cultures caraïbes, voix silencieuses du Tiers-Monde dont il a l'air de retrouver la parole libérée dans les personnages de Lam, polysémiques, déroutants. Des figures bavardes qui donnent si souvent cette impression d'avoir tant à raconter. . . Et Glissant, observant alors les formes nouvelles de celui qui sait rendre le monde plus visible et qui est « attentif à débusquer la Trace » (p. 13), prend le risque de proposer une réponse à cette question du métissage en peinture : « Peut-être, écrit-il, sculpter la forme

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